Ghana – Tchad : Invasion du Vénézuéla, les deux pays dénoncent l’acte colonial des États-Unis

Ghana – Tchad : Invasion du Vénézuéla, les deux pays dénoncent l’acte colonial des États-Unis

Après l’Afrique du Sud et l’Union africaine, deux nouvelles voix africaines s’élèvent avec force contre l’invasion militaire du Vénézuéla par les États-Unis et l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Le Tchad et le Ghana ont exprimé, ce week-end, leur vive préoccupation et condamné une violation flagrante du droit international, le Ghana employant le terme fort d’« acte colonial ».

Dans un communiqué publié samedi, le ministère tchadien des Affaires étrangères a révélé un entretien téléphonique entre le ministre d’État Abdoulaye Sabre Fadoul et son homologue vénézuélien, Yvan Gil Pinto. Ce dernier a informé des bombardements sur Caracas et de « l’exfiltration » forcée du président Maduro. Le Tchad a rappelé son « ferme attachement au respect du droit international » et la nécessité de préserver « l’intégrité territoriale du Vénézuela », appelant à épargner des souffrances inutiles au peuple vénézuélien.

Le Ghana a, pour sa part, haussé le ton dimanche. Dans un communiqué vigoureux, Accra a qualifié l’opération, survenue aux premières heures du 3 janvier 2026, d’« invasion unilatérale et non autorisée ». Le gouvernement a exprimé de « fortes réserves contre l’usage unilatéral de la force » et déploré la violation de la Charte de l’ONU.

La réaction ghanéenne s’est montrée particulièrement critique envers les déclarations du président américain Donald Trump, qui a évoqué une administration directe du pays par les États-Unis et l’implication de grandes compagnies pétrolières américaines. « Ces déclarations rappellent l’ère coloniale et impérialiste. Elles créent un dangereux précédent pour l’ordre mondial », a fustigé le communiqué, ajoutant que « de telles ambitions coloniales n’ont pas leur place dans l’ère post-Seconde Guerre mondiale ».

Le Ghana a réaffirmé son engagement envers le principe d’autodétermination, soulignant que « seul le peuple vénézuélien devrait déterminer librement son avenir ». Il a appelé à une désescalade immédiate, à la libération du président Maduro et de son épouse, et a réitéré sa position de principe contre « l’invasion, l’occupation et le colonialisme ».

Ces prises de position africaines, ajoutées à celle de Pretoria qui réclame une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, illustrent une unité de vue croissante sur le continent pour défendre le multilatéralisme et dénoncer ce qui est perçu comme un retour à des pratiques d’un autre âge, menaçant la stabilité internationale.

Amen K.

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