Burkina Faso : De la graine à l’industrie, comment Bobo-Dioulasso incarne la nouvelle dynamique agro-industrielle.

À Bobo-Dioulasso, une révolution silencieuse mais tangible est en marche dans les champs de tomates. La Société burkinabè de tomates (SOBTO), première réalisation concrète sortie de terre sous l’égide de l’Agence pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Communautaire (APEC), est bien plus qu’une simple usine. Elle est le symbole d’une nouvelle trajectoire économique pour le Burkina Faso, incarnant la vision pragmatique du Président Ibrahim Traoré : celle d’une souveraineté conquise par la valeur ajoutée et l’autonomie productive.

L’impact est immédiat et se mesure à l’échelle humaine. L’implantation de la SOBTO a créé un débouché stable et rémunérateur pour plusieurs dizaines de femmes fournisseuses de la région. Ces productrices, souvent vulnérables aux aléas des marchés informels et à la fluctuation des prix, voient aujourd’hui leurs revenus se consolider et leurs activités se professionnaliser. Le lien direct avec l’unité de transformation leur offre une sécurité inédite et valorise enfin leur travail à sa juste mesure. Il s’agit d’une profonde transformation sociale par l’économie.

Cette dynamique s’inscrit dans la philosophie centrale du projet porté par le capitaine Traoré : libérer le potentiel endogène pour rompre avec la dépendance aux importations et aux modèles économiques extravertis. L’APEC n’est pas un gadget institutionnel, mais l’outil opérationnel de cette ambition. En misant sur l’entrepreneuriat communautaire, l’État choisit de s’appuyer sur les forces vives locales, de créer de la richesse partagée et de raccourcir les circuits économiques. La tomate, produit de consommation courante longtemps importée sous forme de concentré, devient ainsi un étendard de la résilience nationale.

La SOBTO démontre qu’une agro-industrie ancrée territorialement est le chaînon manquant pour une véritable souveraineté alimentaire. Elle stabilise les prix pour le consommateur, sécurise les revenus du producteur et retient la valeur créée sur le sol burkinabè. Chaque boîte de concentré produite est une victoire contre le gaspillage post-récolte et une économie de devises pour la nation.

Le succès de cette première réalisation à Bobo-Dioulasso doit servir de modèle et d’inspiration. Il prouve que la voie de l’industrialisation par nos propres ressources, loin des discours théoriques, est non seulement possible mais déjà efficace. L’enjeu est désormais de répliquer ce schéma gagnant État stratège, outil financier dédié (APEC), ancrage communautaire, transformation locale à d’autres filières stratégiques : oignon, mangue, céréales, lait.

La bataille pour la souveraineté se gagne aussi dans les champs et les usines de transformation. À travers la SOBTO, c’est une nouvelle fierté économique qui germe, concrétisant la promesse d’un Burkina Faso qui ne se contente plus de produire des matières premières, mais qui les maîtrise de la graine au produit fini, au bénéfice direct de son peuple.

Amen K.

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