Guerre au Moyen Orient : Poutine prête à redevenir le pompiste de l’Europe, mais à une seule condition

Guerre au Moyen Orient : Poutine prête à redevenir le pompiste de l’Europe, mais à une seule condition

Alors que les frappes au Moyen-Orient font flamber les cours du brut au-delà des 100 dollars le baril, Vladimir Poutine a surpris son monde ce lundi. Le président russe a rouvert la porte à un retour des hydrocarbures russes vers l’Europe, à condition que les Européens fassent le premier pas. Une proposition qui sonne comme une revanche géopolitique, trois ans après le début de la guerre en Ukraine.

« Nous sommes prêts à travailler avec les Européens », a lancé le maître du Kremlin lors d’une réunion gouvernementale consacrée au marché des hydrocarbures. Avant de poser ses conditions : il faut que les acheteurs européens donnent des « signes » indiquant qu’ils sont prêts à une « collaboration durable et stable, dépourvue de conjoncture politique ». Une manière élégante de dire que Moscou ne veut plus être à la merci des sanctions et des retournements d’alliances.

Pendant des décennies, la Russie a été le pompiste attitré de l’Europe. L’Allemagne et les pays d’Europe de l’Est tournaient grâce au gaz et au pétrole russes. Jusqu’à l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Sanctions occidentales, boycott progressif, diversification des approvisionnements : le robinet s’est peu à peu fermé. Aujourd’hui, deux artères vitales sont à sec : les gazoducs Nord Stream, sabotés en mer Baltique en 2022, et l’oléoduc Droujba, endommagé en janvier par une frappe russe et pris dans un contentieux entre Kiev, Budapest et Bratislava.

Mais Poutine n’a pas totalement tourné la page. Il a tenu à rassurer ses derniers fidèles parmi les Vingt-Sept. « Nous continuerons dans tous les cas à fournir la Hongrie et la Slovaquie, des partenaires fiables », a-t-il assuré. Budapest, dirigée par Viktor Orban, et Bratislava, gouvernée par Robert Fico, entretiennent en effet des relations plus tièdes avec Bruxelles et plus chaleureuses avec Moscou que la moyenne des capitales européennes.

L’offre russe tombe à point nommé. Les bombardements américano-israéliens contre l’Iran ont mis le feu aux poudres au Moyen-Orient, faisant craindre des perturbations dans l’approvisionnement mondial. Les prix s’envolent. Dans ce contexte, le retour des hydrocarbures russes sur le marché européen pourrait faire baisser la pression, tant sur les cours que sur les économies du Vieux Continent.

Reste à savoir si les Européens, qui ont juré de réduire leur dépendance à l’ours russe, accepteront de tendre la main en retour. La proposition de Poutine est aussi un test politique : jusqu’où l’Europe est-elle prête à aller pour garantir sa sécurité énergétique ?

Amen K.

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