Sénégal : Affrontement meurtrier à Kadialock entre militaires et narco-trafiquants armés
Un accrochage violent a opposé, mercredi 12 mars dans la matinée, un détachement de la Zone militaire N°5 à un groupe d’individus armés dans la zone forestière de Kadialock, au nord du département de Sindian. Cette région frontalière de la Gambie, connue pour ses champs clandestins de chanvre indien, a été le théâtre d’une opération de destruction qui a tourné au drame.
Le bilan est lourd : un militaire tué, six autres blessés, et plusieurs assaillants neutralisés. L’État-major général des armées sénégalaises a confirmé ces faits dans un communiqué signé par le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, Directeur de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA). Les unités étaient déployées pour éradiquer les cultures illicites de cannabis lorsque les trafiquants ont ouvert le feu.
Les opérations se poursuivent dans le secteur avec un triple objectif : démanteler les plantations de chanvre indien, traquer les bandes armées et sécuriser les populations locales. Kadialock, enclave boisée de la région de Ziguinchor, reste un foyer de trafics transfrontaliers. Malgré les progrès sécuritaires post-conflit casamançais, la zone abrite encore des narco-réseaux exploitant la porosité gambienne pour cultiver et écouler la drogue.
Cet incident révèle les défis persistants du Sud sénégalais. Le cannabis, produite localement, alimente les circuits illicites vers l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, privant l’État de recettes fiscales et menaçant la jeunesse. Les militaires, en première ligne, paient un tribut lourd pour protéger les communautés rurales, souvent complices par nécessité économique.
Face à cette menace hybride narcotrafic chevauchant insécurité résiduelle, Dakar intensifie ses patrouilles frontalières. La coopération avec Banjul s’impose pour étouffer ces filières à la source. Pour les habitants de Sindian, c’est un appel à la vigilance : dénoncer les cultures illicites pour préserver la paix et l’avenir de la Casamance.
Amen K.
