Mali : 38 dragues illégales détruites sur le fleuve Niger, offensive renforcée contre le dragage
Le Mali intensifie sa guerre contre l’orpaillage illégal par dragage sur le fleuve Niger. Le 30 mars 2026, une nouvelle phase d’opération a permis la saisie et la destruction de 38 dragues à Katibougou, dans la commune rurale du Mandé (cercle de Koulikoro). Cette intervention s’inscrit dans une campagne nationale lancée depuis plusieurs mois, visant à éradiquer une pratique prohibée par le Code minier, qui interdit l’exploitation minière dans les lits des cours d’eau.
Les opérations, menées par les autorités environnementales et sécuritaires, se déploient du haut bassin jusqu’au sud-ouest. Après Koulikoro, Yanfolila, Bougouni, Moribabougou et Baguinéda, Katibougou tombe à son tour. Bilan récent : des dizaines d’engins neutralisés, préservant un écosystème vital.
Retour sur les étapes clés. Le 26 novembre 2025, 23 dragues parties en fumée à Koulikoro. À Yanfolila, 24 engins saisis. L’Agence du bassin du fleuve Niger confirme 21 destructions supplémentaires dans la zone. En juillet 2025, l’opération militaire « Djoliba Saniya » (21-23 juillet) a marqué un tournant : 206 dragues et 6 gros moulins anéantis à Bancoumana, Hamdallaye, Kangaba, Balanza et Danga.
Ces actions répondent à une urgence écologique. Le dragage mécanique ronge les berges, pollue les eaux au mercure et cyanure, érode les sols et décime la pêche. Des enquêtes dans le cercle de Kangaba révèlent une dégradation alarmante : écosystèmes aquatiques fragilisés, agriculture et approvisionnement en eau menacés. Le Niger, artère vitale pour 20 millions de personnes au Mali, ne peut plus subir ces assauts.
Malgré les revenus pour certains orpailleurs artisanaux, les autorités maintiennent la pression. Cette offensive globale, étendue à de nouveaux sites, signale une tolérance zéro. Objectif : restaurer la santé du fleuve, booster la pêche durable et l’agriculture irriguée, tout en favorisant un orpaillage responsable sur terre ferme. Les Maliens saluent cette fermeté. Protéger le Djoliba, c’est sécuriser l’avenir : eau potable, biodiversité, économie verte. La campagne se poursuit, drague après drague, pour un Niger préservé.
Amen K.
