Le gouvernement de la République démocratique du Congo a salué la décision du Département du Trésor des États-Unis de sanctionner le ministère rwandais de la Défense et l’institution financière Zigama Credit and Savings Society, accusés d’avoir soutenu les opérations du M23 dans l’Est du territoire congolais. Dans un communiqué rendu public ce jeudi 29 octobre, le ministère congolais des Affaires étrangères a remercié les États-Unis et son président, Donald Trump, pour leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Selon les éléments rapportés par le Trésor américain et repris par la diplomatie congolaise, le ministère rwandais de la Défense aurait coordonné le déploiement de plusieurs milliers de soldats dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces forces auraient mené des opérations aux côtés du M23 et fourni des équipements militaires à ce mouvement armé. Le communiqué indique également que Zigama Credit and Savings Society, présentée comme opérant pour le compte des services de sécurité rwandais, aurait facilité le transfert vers Kigali d’or extrait des territoires contrôlés par le M23, ainsi que des transactions de plusieurs dizaines de millions de dollars au profit de l’AFC/M23.
Pour le gouvernement congolais, ces sanctions corroborent les conclusions du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC concernant le soutien du Rwanda au M23. Kinshasa affirme que ce mouvement, quelle que soit la dénomination qu’il adopte, continue de bénéficier d’un appui militaire et financier depuis Kigali. Les autorités congolaises accusent par ailleurs l’armée rwandaise et les combattants du M23 de porter atteinte à l’intégrité territoriale du pays, de tuer des civils, de commettre des violences sexuelles et de piller les ressources naturelles dans les zones affectées par le conflit.
Kinshasa estime également que la communauté internationale fait preuve d’une trop grande indulgence envers le Rwanda, dont l’image de réussite, selon le gouvernement congolais, contraste avec les conséquences du conflit dans l’Est de la RDC. Dans ce contexte, les autorités congolaises appellent les États, les organisations internationales et les partenaires commerciaux du Rwanda, notamment les sponsors sportifs et les investisseurs, à réexaminer leurs relations avec Kigali afin de s’assurer de leur compatibilité avec les engagements en faveur de la paix.
Dans son communiqué, le gouvernement congolais affirme poursuivre la mise en œuvre de ses engagements, notamment en matière de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). À ce sujet, Kinshasa indique que plus de 800 personnes, comprenant des combattants des FDLR et leurs dépendants, se sont rendues à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) depuis janvier 2025. Le gouvernement attribue ces redditions, entre autres, aux efforts de sensibilisation et de démobilisation engagés par les autorités congolaises. Celles-ci soutiennent toutefois que la présence des forces rwandaises aux côtés de l’AFC/M23 dans les zones concernées par les opérations de neutralisation des FDLR entrave l’application des mécanismes convenus.
Kinshasa rappelle que le retrait des troupes rwandaises figure parmi les obligations découlant de l’Accord de Washington et de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies. En conséquence, le gouvernement congolais exige le retrait effectif et sans conditions préalables de toutes les troupes rwandaises présentes sur son territoire.
