Gabon : Comment le Président Oligui Nguema assainit les finances publiques en menant une lutte contre la corruption.
Arrivé au pouvoir en août 2023, mettant fin à 55 ans de règne des Bongo, le Président Brice Oligui Nguema a érigé la lutte contre la corruption en pierre angulaire de son régime. Sa promesse : une rupture radicale avec les pratiques du passé. Pour incarner cette nouvelle ère, le Président a déployé un arsenal de mesures ambitieuses et spectaculaires, faisant de la « tolérance zéro » bien plus qu’un simple slogan.
Le premier pilier de cette offensive est l’audit généralisé. Dès sa prise de pouvoir, des missions d’inspection ont été lancées dans les ministères et les sociétés d’État stratégiques, comme la Gabon Oil Company (GOC) ou la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). L’objectif affiché est de « assainir » les finances publiques en traquant les détournements, les surfacturations et les contrats opaques hérités de l’ancien régime. Ces audits, menés parfois avec l’appui d’experts internationaux, visent à établir un état des lieux sans concession et à identifier les circuits de prédation.
La deuxième dimension, la plus médiatique, est la traduction judiciaire. Les conclusions des audits servent de base à des poursuites retentissantes. D’anciens ministres, hauts fonctionnaires, et proches du pouvoir déchu, ont été arrêtés et inculpés pour détournement de fonds publics, corruption ou blanchiment. Leurs biens ont souvent été saisis ou placés sous séquestre. Ces procédures, largement relayées par les médias d’État, ont une portée symbolique forte. Elles incarnent la fin supposée de l’impunité et sont présentées comme une nécessaire réparation envers un peuple appauvri par des décennies de malversations.
