Togo : Lomé, capitale du climat, l’Afrique francophone renforce son expertise scientifique face aux défis planétaires.

Togo : Lomé, capitale du climat, l’Afrique francophone renforce son expertise scientifique face aux défis planétaires.

Lomé abrite, depuis le lundi 2 février, une rencontre régionale cruciale pour l’avenir climatique de l’Afrique. Organisée par l’Agence nationale de la météorologie togolaise (ANAMET) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM), cette formation réunit les experts de sept pays francophones  Comores, Madagascar, Burkina Faso, Cameroun, Rwanda, Guinée et Togo. Pendant cinq jours, météorologues et hydrologues renforcent leurs compétences en gestion et analyse des données climatiques, une mission vitale pour un continent en première ligne du réchauffement global.

L’objectif est précis et stratégique : doter ces spécialistes des outils nécessaires pour décrypter avec une précision accrue les tendances climatiques passées et futures, la variabilité saisonnière et la fréquence croissante des phénomènes extrêmes. Ce renforcement de capacités vise directement à améliorer la qualité du reporting climatique national et l’élaboration des Contributions déterminées au niveau national (CDN). Ces CDN, pierres angulaires de l’Accord de Paris, représentent les engagements concrets de chaque pays dans la lutte contre les changements climatiques. Des données scientifiques robustes et locales sont donc indispensables pour formuler des objectifs réalistes et mesurables.

« Face aux défis posés par les changements climatiques, la disponibilité, la qualité et l’utilisation efficace de l’information scientifique sur le climat deviennent des outils indispensables d’aide à la décision », a souligné le directeur général de l’ANAMET, Latifou Issaou. Cet atelier dépasse le simple cadre technique. Il s’agit d’outiller les experts pour qu’ils puissent traduire des données complexes en analyses accessibles et en recommandations opérationnelles, directement exploitables par les décideurs politiques, les agriculteurs, les gestionnaires de ressources ou les urbanistes. Il s’agit de faire de la science du climat un levier concret pour l’adaptation et la résilience socio-économique.

Le choix du Togo comme hôte n’est pas anodin. Le pays a consenti ces dernières années à des efforts notables pour moderniser ses systèmes de collecte et d’exploitation des données climatiques. Ces investissements ont permis d’intégrer plus efficacement l’information climatique dans les politiques publiques et les stratégies de développement nationales, faisant du pays un exemple en matière de prise en compte des enjeux environnementaux dans la gouvernance.

Cette initiative régionale illustre une prise de conscience essentielle : face à un défi universel, la réponse doit aussi se construire localement, en renforçant les savoir-faire et les réseaux d’expertise africains. En mutualisant leurs compétences et en harmonisant leurs méthodes, ces sept pays francophones ne se préparent pas seulement à mieux rendre compte à la communauté internationale. Ils s’arment surtout pour protéger leurs populations et leurs économies, en bâtissant des politiques d’adaptation fondées sur la science la plus fiable, et forgée, en grande partie, par leurs propres spécialistes.

Amen K.

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