Afrique-France : Ces retrouvailles diplomatiques qui cachent une offensive de reconquête

Afrique-France : Ces retrouvailles diplomatiques qui cachent une offensive de reconquête

Cette semaine, le palais de l’Élysée a fait l’objet d’un ballet diplomatique intense. Le Président français Emmanuel Macron a reçu trois chefs d’État africains en l’espace de 48 heures : l’Ivoirien Alassane Ouattara et le Malgache Michaël Randrianirina mardi 24 février, puis le Congolais Félix Tshisekedi mercredi 25 février. Officiellement, il s’agissait de discuter coopération économique, sécurité régionale et soutien aux processus politiques. Mais l’histoire des relations entre la France et l’Afrique invite le peuple africain à la plus grande prudence.

Car lorsque l’ancienne puissance coloniale multiplie ce genre de rencontres bilatérales, il y a anguille sous roche. Derrière les déclencheurs convenus sur le partenariat d’égal à égal et la refondation des relations, une réalité plus inquiétante se dessine : la France n’a pas renoncé à sa place en Afrique, et elle compte bien la reconquérir, peu importe le prix.

Les documents officiels français sont, sur ce point, d’une clarté glaçante. La Revue nationale stratégique à l’horizon 2030, publiée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, annonce sans fard une actualisation de la stratégie de la France en Afrique dès 2026 .Le motif invoqué ? Contrer ceux qui exploitent l’instabilité du continent africain pour avancer leurs intérêts ou saper ceux de la France ou de l’Europe. Le rival désigné est clairement identifié, mais l’objectif véritable est bien le maintien de l’influence française.

Cette offensive diplomatique en rafale n’est donc pas anodine. Elle intervient dans un contexte où plusieurs pays du Sahel ont tourné le dos à Paris, où les bases françaises ferment les unes après les autres, et où la présence russe, turque ou chinoise s’affirme. La machine médiatique et diplomatique française s’est mise en branle pour inverser la tendance.

Le plus inquiétant est que cette stratégie emprunte désormais tous les canaux : économique, culturel, mémoriel, mais aussi sécuritaire. Pendant que les projecteurs sont braqués sur ces poignées de main protocolaires, des réseaux d’influence se reconstituent dans l’ombre. La Françafrique que l’on disait enterrée refait surface sous des habits neufs.

Alors oui, recevoir des présidents à l’Élysée, c’est photogénique. Mais le peuple africain, trop souvent berné par les belles promesses, doit regarder au-delà des sourires. La France prépare son grand retour. Qu’elle vienne en amie, passe encore. Mais l’expérience commande de vérifier qu’elle ne ramène pas, dans ses bagages, les vieilles habitudes de domination et de prédation qui ont causé tant de mal au continent.

Amen K.

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