Togo / Biodiversité aquatique : Lomé accueille quinze pays africains pour harmoniser la protection des océans et fleuves
La capitale togolaise est depuis ce mardi 10 mars 2026 le cœur battant de la réflexion continentale sur la préservation des écosystèmes aquatiques. Quinze pays membres de l’Union africaine ont dépêché leurs experts et consultants à Lomé pour une formation intensive sur les instruments internationaux relatifs à la conservation de la biodiversité aquatique. Une rencontre qui traduit l’urgence d’agir ensemble face aux menaces qui pèsent sur les richesses marines et fluviales du continent.
Organisée par le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), en étroite collaboration avec le gouvernement togolais, cette session de trois jours s’inscrit dans le cadre du projet « Conserver la biodiversité aquatique dans l’économie bleue africaine ». Jusqu’au jeudi 12 mars, les participants vont plancher sur des cadres juridiques fondamentaux, notamment le Cadre mondial de la biodiversité (FBM) de Kunming-Montréal et la Convention sur la diversité biologique (CDB).
L’enjeu est de taille : renforcer les connaissances et les capacités des experts nationaux afin d’harmoniser les législations des pays membres et de mieux coordonner la mise en œuvre des accords internationaux. Il s’agit également de doter le continent d’outils efficaces pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui saigne chaque année les eaux africaines de centaines de milliers de tonnes de poissons.
En ouvrant les travaux, le directeur de cabinet du ministère togolais en charge de la pêche, Konlani Dindiogue, a planté le décor avec lucidité. « Malgré les efforts, nos écosystèmes aquatiques continuent de faire face à de nombreux défis, tels que le changement climatique, la pollution et la surpêche, qui menacent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes », a-t-il alerté. Avant d’ajouter : « La protection de ces écosystèmes, notamment par une gestion concertée des eaux transfrontalières, demeure essentielle pour assurer une économie bleue durable en Afrique. »
Le choix du Togo pour abriter cette rencontre n’est pas anodin. Le pays s’est engagé résolument dans une politique de gestion durable de ses ressources aquatiques, articulée autour du renforcement des capacités des acteurs, du suivi rigoureux des activités de pêche et de la promotion de pratiques respectueuses de l’environnement. Une expérience que Lomé entend partager avec ses pairs.
À l’heure où le changement climatique bouleverse les équilibres marins et où la demande en protéines animales ne cesse de croître sur le continent, cette formation arrive à point nommé. Elle devrait permettre aux quinze pays représentés de repartir avec une feuille de route commune pour mieux protéger ce patrimoine aquatique si précieux pour les générations présentes et futures.
Amen K.
