Burkina Faso / Transition digitale : Accélération de la cadence pour une souveraineté numérique assumée

Burkina Faso / Transition digitale : Accélération de la cadence pour une souveraineté numérique assumée

Le ministère en charge de la transition digitale a tenu, ce lundi 23 mars 2026 à Ouagadougou, la première session ordinaire de son Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM). Placée sous le thème « Convergence numérique et souveraineté audiovisuelle : optimiser les infrastructures de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) pour un accès universel à l’information et aux services numériques à forte valeur ajoutée », cette rencontre stratégique a permis d’évaluer les actions menées en 2025 et de définir les priorités pour l’année en cours.

Cadre de redevabilité et de concertation, le CASEM a réuni les acteurs du secteur autour d’une ambition claire : accélérer la transformation digitale tout en consolidant l’indépendance informationnelle du pays. La ministre en charge de la transition digitale, Aminata Zerbo, a appelé à une rupture franche avec les lenteurs administratives, les insuffisances de coordination et certaines pratiques qui freinent l’efficacité de l’action publique. « Les acquis sont réels, mais 2026 doit être celle de l’accélération », a-t-elle martelé.

L’ambition repose sur plusieurs axes structurants : la consolidation des acquis, l’accélération des 12 chantiers prioritaires de la transformation digitale, le renforcement de la souveraineté numérique, la modernisation du secteur postal et l’amélioration de la gouvernance interne. Cette dynamique s’inscrit dans la feuille de route de l’espace confédéral de l’Alliance des États du Sahel et le nouveau plan national de développement 2026-2030, dénommé « RELANCE ».

Sur le plan des infrastructures, plusieurs chantiers majeurs sont engagés. Il s’agit notamment du renforcement du partage d’infrastructures numériques au sein de l’espace confédéral, de la réduction des zones blanches, de l’accélération de la refonte du réseau RESINA et du déploiement de la fibre optique. Le gouvernement prévoit également la migration et le rapatriement des données vers les nouveaux datacenters nationaux, ainsi que la finalisation de l’entrée de Starlink sur le marché burkinabè.

Le bilan 2025 témoigne d’une dynamique soutenue. Sur 132 activités programmées pour un coût global de plus de 28,7 milliards de francs CFA, le taux d’exécution physique a atteint 85,48 %. Parmi les réalisations notables figurent la couverture de plus de 400 nouvelles localités en zones blanches, la connexion de 100 bâtiments administratifs, la construction de deux datacenters modulaires et la dématérialisation de 272 procédures, dont 146 déjà accessibles en ligne.

Le secteur postal connaîtra également une transformation majeure avec l’adoption prochaine de la loi postale, ouvrant la voie à la modernisation de la Poste Burkina Faso, au développement des services financiers numériques et à la mise en place des « maisons du citoyen ». Un protocole d’amélioration des échanges postaux est également attendu dans le cadre de la coopération confédérale.

En matière de formation et de cybersécurité, le lancement du programme Elite IT pour la formation de 100 ingénieurs en cybersécurité et intelligence artificielle marque une avancée significative. À travers ces actions, le Burkina Faso entend jouer un rôle central dans la mise en œuvre des objectifs de souveraineté nationale et de développement endogène, en phase avec les ambitions de la transition.

Amen K.

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