Burkina Faso : Suspension de l’exportation de la tomate, une décision stratégique qui appelle à la sensibilisation et au respect des orientations
La récente mesure de suspension de l’exportation de la tomate, prise par le gouvernement burkinabè, s’inscrit dans une logique stratégique visant à renforcer le tissu industriel local et à optimiser la valorisation de la production nationale. Loin d’être une contrainte pour les acteurs du secteur, cette décision apparaît comme une opportunité de développement, à condition qu’elle soit bien comprise et respectée par l’ensemble des parties prenantes.
Selon les précisions apportées par Prosper Zemba, Directeur général des productions végétales au ministère en charge de l’agriculture, cette mesure a pour objectif principal de permettre aux unités industrielles de transformation de la tomate de s’approvisionner suffisamment afin de fonctionner à plein régime. En effet, ces industries locales, encore en phase de consolidation, ont besoin d’un accès régulier à la matière première pour assurer leur rentabilité et contribuer efficacement à l’économie nationale.
Les besoins des unités de transformation sont estimés entre 20 et 25 % de la production nationale de tomate. En facilitant l’accès à cette part de la production, le gouvernement entend stimuler la création d’emplois, accroître la valeur ajoutée locale et réduire la dépendance aux importations de produits transformés. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large de promotion de la transformation locale et de souveraineté économique.
Il est important de souligner que cette mesure est temporaire. Elle sera levée dès que les quantités nécessaires au fonctionnement optimal des unités industrielles auront été collectées. Ainsi, l’objectif n’est nullement de pénaliser les producteurs, mais plutôt de préserver leurs intérêts à long terme en structurant un marché plus stable et plus rémunérateur.
Dans ce contexte, la sensibilisation des acteurs de la filière s’avère essentielle. Producteurs, commerçants et exportateurs sont appelés à comprendre le bien-fondé de cette décision et à s’y conformer dans un esprit de responsabilité collective. Le respect des orientations gouvernementales constitue un levier déterminant pour garantir le succès de cette initiative.
En définitive, cette mesure traduit une volonté claire des autorités de bâtir une économie agricole plus résiliente et tournée vers la transformation locale. Avec l’adhésion de tous, elle pourrait générer des retombées positives durables pour l’ensemble du secteur.
Amen K.
