Mali : Un stock de carburant pour 45 jours face à la flambée mondiale et aux tentatives de blocage des terroristes.

Mali : Un stock de carburant pour 45 jours face à la flambée mondiale et aux tentatives de blocage des terroristes.

Depuis septembre 2025, le Mali traverse une crise d’approvisionnement en carburant sans précédent. Le groupe terroriste JNIM impose un blocus aux convois de camions-citernes qui acheminent le carburant depuis Abidjan et Dakar vers ce pays enclavé. À cette menace sécuritaire s’ajoute, depuis février 2026, une flambée des prix mondiaux des hydrocarbures liée aux frappes en Iran, le baril de Brent ayant dépassé 105 dollars début avril.

Face à cette double pression, le Conseil des ministres réuni le 1er avril au Palais de Koulouba a acté la création d’un stock de sécurité national de produits pétroliers. Objectif affiché : couvrir 45 jours de consommation nationale pour le super carburant, le gasoil, le jet A1 et le gaz butane. Le Mali, totalement dépendant des importations plus de 2,6 millions de mètres cubes en 2024 espère ainsi sortir d’une gestion dans l’urgence marquée par des subventions coûteuses.

Cette pratique existe ailleurs en Afrique. Fin mars, le Ghana a affirmé disposer de stocks couvrant six semaines de consommation, tandis que la Côte d’Ivoire poursuit depuis plusieurs années l’augmentation de ses capacités de stockage.

Pourtant, plusieurs défis invitent à la prudence. D’abord, la hausse des prix internationaux alourdit la facture des importations, et le Mali a déjà répercuté cette augmentation de 13 à 30 % fin mars. Ensuite, et surtout, la question sécuritaire demeure centrale. L’approvisionnement actuel repose sur une trêve négociée avec le JNIM, obtenue contre la libération de dizaines de prisonniers djihadistes présumés. Selon plusieurs sources, cette trêve court jusqu’à la Tabaski, fin mai 2026.

Si les attaques reprenaient, un stock de 45 jours ne serait plus un coussin de sécurité, mais un compte à rebours. La sécurisation militaire des convois reste par ailleurs très coûteuse.

Au-delà de cette mesure, c’est la question de la souveraineté énergétique du Mali qui persiste. Tant que les corridors d’approvisionnement resteront sous menace djihadiste, dans un pays qui ne produit ni ne raffine de pétrole, les stocks ne seront qu’un filet de sécurité temporaire, non une solution durable.

Amen K.

admin

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