Afrique : Démocratie à l’occidentale, les pays Africains doivent-ils encore y croire ?

Afrique : Démocratie à l’occidentale, les pays Africains doivent-ils encore y croire ?

Depuis des décennies, on serine aux dirigeants africains la même litanie : pour se développer, l’Afrique doit impérativement adopter la démocratie gréco-romaine, celle des urnes, du multipartisme et des alternances calibrées. Comme si ce modèle, né sous d’autres cieux et à d’autres époques, était une vérité universelle. Pourtant, force est de constater que la majorité des présidents africains, passés ou présents, peinent à appliquer ces règles. Non pas par incompétence, mais parce que ce système est une utopie, un logiciel de contrôle conçu par les puissances dominantes pour mieux encadrer les moins puissants.

Regardons les faits. Ceux qui dispensent les leçons de démocratie aux Africains, tel un professeur face à ses élèves, sont-ils eux-mêmes exemplaires ? La France des Gilets jaunes a suspendu des libertés fondamentales, matraqué sa propre population, bâillonné des voix. Les États-Unis, gardiens autoproclamés du temple démocratique, ont soutenu des coups d’État, provoqué des guerres et imposé des sanctions contre quiconque refuse de s’aligner. L’Ukraine, dont on vante le combat pour la liberté, est devenue un prétexte pour une guerre par procuration où les civils paient le prix fort. Alors, de quelle démocratie parle-t-on ?

Tous les présidents africains le savent, mais presque tous se taisent. Tous, sauf un : le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso. Lui a osé dire à haute et intelligible voix ce que beaucoup pensent tout bas : la démocratie occidentale n’a pas sa place dans un pays africain qui cherche à se libérer des carcans de l’impérialisme et du néocolonialisme. Le multipartisme ? Trop souvent, il n’est qu’un frein, un désordre permanent qui paralyse l’État, divise les peuples et ouvre la porte aux manipulations extérieures.

L’Afrique a besoin d’unité, de cohérence et de souveraineté. Pas d’un moule importé qui a fait ses preuves ailleurs, mais qui, sur le continent, sert surtout à maintenir une dépendance déguisée. Il est temps que l’Afrique se réveille, ose regarder la réalité en face, et invente ses propres chemins. La démocratie gréco-romaine n’est pas un passage obligé. C’est une option parmi d’autres. Et l’option la plus sage, aujourd’hui, c’est peut-être de la ranger là où elle a toujours voulu maintenir l’Afrique : en bas de l’échelle.

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