États-Unis : Exemptions tarifaires sur les métaux stratégiques, une opportunité mitigée pour l’Afrique.
L’évolution récente de la politique commerciale américaine, marquée par un recours accru aux barrières tarifaires, continue de susciter des inquiétudes à l’échelle mondiale. Toutefois, la décision d’exempter certains métaux stratégiques des droits de douane pourrait offrir un répit à plusieurs pays africains exportateurs.
Un décret présidentiel entré en vigueur le 8 septembre 2025 prévoit l’exclusion de l’or, de l’uranium, du tungstène, du graphite et d’autres minerais des taxes globales mises en place en avril. Selon le texte, cette mesure répond à une « urgence nationale » liée au besoin de sécuriser des approvisionnements jugés vitaux pour l’économie américaine. Ces intrants sont en effet indispensables à des secteurs stratégiques tels que l’aéronautique, l’électronique, l’énergie ou encore les dispositifs médicaux.
Cette décision intervient dans un contexte de forte volatilité des marchés des matières premières. Au premier semestre 2025, les métaux précieux ont bénéficié des incertitudes géopolitiques : l’or a atteint un record historique de 3 500 dollars l’once. En revanche, les métaux industriels comme le fer ou le nickel ont subi des pressions baissières, accentuant l’instabilité du marché.
Pour l’Afrique, deuxième fournisseur mondial d’or derrière la Chine et acteur clé dans la production d’uranium (Niger, Namibie) ou de tungstène (Rwanda), cette exemption évite un surcoût qui aurait fragilisé la compétitivité de ses exportations vers Washington. Elle ouvre donc une fenêtre d’opportunité pour renforcer la présence africaine sur le marché américain.
Cependant, l’initiative ne dissipe pas toutes les incertitudes. D’autres matières premières essentielles pour les recettes d’exportation du continent, comme le cuivre, restent soumises à des droits de douane élevés. En juillet dernier, une taxe de 50 % sur ce métal a été instaurée, provoquant une flambée de ses prix sur le marché américain.
À court terme, l’impact des exemptions dépendra de l’évolution des cours mondiaux et de la capacité des pays africains à saisir cette brèche commerciale. Mais les risques persistent : selon un rapport publié en août par ODI Global, les pays à revenu faible et intermédiaire pourraient perdre jusqu’à 89 milliards de dollars par an en raison des restrictions commerciales américaines. Six pays africains figurent parmi les dix plus vulnérables.
Amen K.
