Burkina Faso : Velléité de déstabilisation, ne serait-il pas temps pour la Côte d’Ivoire de se prononcer clairement pour situer l’opinion.

Burkina Faso : Velléité de déstabilisation, ne serait-il pas temps pour la Côte d’Ivoire de se prononcer clairement pour situer l’opinion.

Dans la récente communication du ministre burkinabè de la Sécurité sur la tentative de déstabilisation déjouée, une affirmation a, une fois de plus, retenu l’attention : une partie importante du financement, notamment un virement de 70 millions de francs CFA, proviendrait de la Côte d’Ivoire. Cette accusation n’est pas isolée. Depuis quelque temps, les autorités burkinabè désignent régulièrement le territoire ivoirien comme une base arrière logistique et financière pour des éléments hostiles au gouvernement de transition de Ouagadougou.

Pourtant, malgré la gravité et la répétition de ces allégations, un silence officiel persiste du côté d’Abidjan. Aucune confirmation, mais également aucun démenti formel n’a été porté sur la place publique pour répondre point par point aux accusations burkinabè. Cette absence de prise de parole crée un vide, un flou propice à toutes les interprétations, qui, à terme, pourrait nuire aux relations entre les deux pays et à la stabilité régionale.

Au nom de la transparence et de la coopération régionale, ne serait-il pas judicieux que la Côte d’Ivoire se prononce clairement sur le sujet ? Une clarification officielle ne serait pas seulement un acte de diplomatie préventive ; elle constituerait un geste fort envers l’opinion publique burkinabè, ivoirienne et sous-régionale. Dans un contexte sahélien marqué par l’instabilité et la défiance, les discours officiels et les non-dits ont un poids considérable.

Se taire peut-être interprété de multiples façons : mépris, indifférence, ou pire, une forme de confirmation tacite. À l’inverse, une parole claire, qu’elle démente catégoriquement les accusations ou qu’elle engage une enquête conjointe sur ces allégations, permettrait de « situer l’opinion ». Elle offrirait des faits précis à la place des rumeurs, et montrerait une volonté de dialogue et de respect mutuel entre deux nations voisines et historiquement liées.

Le Burkina Faso a, dans cette affaire, choisi la voie de l’exposition publique des éléments de son enquête. La balle est désormais dans le camp ivoirien. Répondre ne serait pas un aveu de faiblesse, mais une démonstration de responsabilité et de respect pour les peuples. Dans l’intérêt de la paix et de la confiance mutuelle, une clarification transparente d’Abidjan est plus que nécessaire ; elle est attendue. Le moment est venu de sortir du silence pour éclairer l’opinion et apaiser les tensions.

Amen K.

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