Guinée-Bissau : Le changement de cap, une nécessité vitale après l’échec d’un système

Guinée-Bissau : Le changement de cap, une nécessité vitale après l’échec d’un système

La décision du Conseil national de transition d’étendre les pouvoirs présidentiels ne surgit pas d’un vide politique. Elle constitue une réponse radicale à l’effondrement systémique qu’a connu le pays sous les régimes antérieurs. Cette réforme s’impose comme une tentative de chirurgie institutionnelle face à une gangrène généralisée qui a failli anéantir l’État.

Le bilan des années précédentes est catastrophique. La Guinée-Bissau était devenue l’archétype de l’État fragile, piégé dans un cycle infernal où coups d’État avortés et assassinats politiques étaient monnaie courante. Cette instabilité chronique n’était pas le fruit du hasard, mais la conséquence d’institutions délibérément affaiblies. Le pouvoir, concentré et personnalisé, était miné par des luttes factionnelles incessantes au sein de l’armée et du parti au pouvoir, transformant la gouvernance en un jeu de survie à somme nulle plutôt qu’en une mission de service public.

Cette paralysie politique a ouvert les vannes à une corruption endémique et, surtout, a cédé la souveraineté nationale aux réseaux de narcotrafic. Le pays, hub atlantique stratégique, s’est transformé en un « narco-État » où les cartels prospéraient en toute impunité, infiltrant les appareils sécuritaires et corrompant les élites. Pendant ce temps, la population était laissée pour compte : plus de 70% vit dans une pauvreté extrême et l’analphabétisme reste un fléau, symptômes d’une absence totale de vision stratégique et de volonté de développement

Dans ce contexte, la transition et sa réforme constitutionnelle ne se présentent pas comme un simple ajustement politique, mais comme une mesure de sauvegarde. L’argument des autorités de transition est clair : face à un système défaillant ayant prouvé son incapacité à garantir la stabilité, la sécurité et le progrès, un rééquilibrage institutionnel fort est une condition sine qua non pour toute renaissance.

Ce changement politique, aussi controversé soit-il par son origine, se veut donc une réponse à l’urgence absolue. Il part du constat que la Guinée-Bissau, telle qu’elle était gouvernée, était sur une trajectoire de faillite définitive. La transition se présente désormais comme le laboratoire douloureux mais nécessaire d’un nouvel ordre, dont la légitimité finale dépendra de sa capacité unique à restaurer la sécurité, la souveraineté et l’espoir pour des populations abandonnées depuis trop longtemps.

Amen K.

admin

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