Guinée-Bissau : Un appel solennel à l’unité et à la paix en pleine crise
À l’occasion de la Journée des héros nationaux, ce mardi 20 janvier, la présidente de la Transition, Horta Inta-A, a lancé un vibrant appel à l’union et au rejet de la violence. Son discours, prononcé lors d’une cérémonie de dépôt de gerbes sur le champ d’Amílcar, est intervenu dans un contexte de profonde crise politique et sociale, consécutive au coup d’État de novembre dernier.
Devant les symboles des pères de l’indépendance, la cheffe de l’État transitoire a transmis un message sans équivoque. « La culture de la violence ne mène pas le pays de bonne manière », a-t-elle souligné avec gravité. Ces paroles résonnent comme un diagnostic des maux qui ont longtemps miné la stabilité de la Guinée-Bissau et un rejet clair des méthodes qui ont conduit à l’instabilité actuelle.
Dans un geste d’inclusion rare, Horta Inta-A a directement interpellé l’ensemble de la société bissau-guinéenne, transcendant les clivages religieux et politiques. « Je demande à tout le monde, à être musulman, chrétien et animiste, de prier pour la paix sur cette terre, parce que c’est là que nous sommes nés et que nous sommes condamnés à vivre », a-t-elle conclu. Cet appel à la prière commune vise à forger une unité spirituelle et morale, présentée comme le fondement indispensable pour reconstruire la nation.
Cet appel à l’apaisement et à la responsabilité collective intervient à un moment critique. Le pays tente de se frayer un chemin vers une normalisation constitutionnelle après le renversement du pouvoir en place. La présidente de la Transition place ainsi la quête de paix et de cohésion sociale au sommet des priorités, faisant de l’union du peuple le préalable à toute solution politique durable.
En associant l’hommage aux héros nationaux à un plaidoyer pour la paix, le discours cherche à puiser dans le patrimoine historique commun la force de surmonter les divisions actuelles. Il s’agit d’une tentative de réconcilier la mémoire des luttes passées avec l’impératif présent de construire un avenir pacifique, où le dialogue supplanterait définitivement la force comme mode de résolution des conflits.
Amen K.
