RDC : Géopolitique des minerais, quand l’État présente son portefeuille stratégique aux investisseurs américains.
Dans une démarche visant à concrétiser un partenariat stratégique sur les minéraux, la République Démocratique du Congo (RDC) a soumis aux autorités américaines une liste restreinte d’actifs miniers publics. Cette offre, transmise la semaine dernière, représente l’avancée la plus tangible dans la matérialisation des accords conclus entre les deux pays, visant à attirer les investissements américains dans la chaîne d’approvisionnement en métaux critiques.
Selon deux hauts responsables congolais sous couvert d’anonymat, la liste comprend des projets majeurs de manganèse, de cuivre-cobalt, d’or et de lithium. Parmi les actifs proposés figurent notamment les licences de manganèse, d’or et de cassitérite de Kisenge, le projet cuivre-cobalt Mutoshi de la Gécamines, quatre permis aurifères de la Sokimo, des licences de lithium de la Cominière, ainsi que des actifs en coltan, or et wolframite de la Sakima. Les autorités soulignent que ces actifs, détenus par des entreprises publiques, ne sont pas engagés dans des accords de sous-traitance ou des coentreprises existantes, et que la procédure respecte scrupuleusement la législation congolaise.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large des efforts américains pour diversifier leurs approvisionnements en minéraux essentiels à la transition énergétique, et réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine. Cette dernière domine en effet le raffinage de nombreux métaux stratégiques. La liste consolidée a été présentée à un Comité directeur mixte RDC-États-Unis, une instance de haut niveau chargée de mettre en œuvre l’accord sur les minéraux. L’équipe congolaise au sein de ce comité est dirigée par le vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et comprend les ministres des Affaires étrangères, des Mines et des Finances, ainsi que le directeur de l’autorité de régulation minière (ARECOMS).
Les prochaines étapes consisteront pour ce comité à organiser une première réunion officielle, puis à entamer le processus de mise en œuvre du partenariat, incluant la négociation des futurs contrats. Cette offre concrète de la RDC fait suite à plusieurs initiatives américaines déjà engagées dans le pays, comme le partenariat de la U.S. Development Finance Corporation avec la Gécamines et son soutien au projet de modernisation du corridor de Lobito, évalué à 553 millions de dollars.
Amen K.
