Burkina Faso : Quand l’entrepreneuriat devient une référence et une source d’inspiration pour l’Afrique
Le Burkina Faso, souvent perçu à travers le prisme des défis sécuritaires, trace silencieusement mais sûrement une voie exemplaire dans le domaine de l’entrepreneuriat et de la promotion de l’artisanat. La preuve éclatante de cette réussite est venue de Bangui ce lundi 16 mars 2026, lorsque le ministre centrafricain des Petites et Moyennes Entreprises, Hyppolite Jean-Paul Ngate-Robard, a officiellement sollicité l’expertise burkinabè pour créer sa propre Chambre des métiers artisanaux.
Ce qui rend cette reconnaissance particulièrement significative, c’est la rigueur avec laquelle la Centrafrique a opéré son choix. « Les indicateurs que nous avons retenus pour identifier le pays-modèle nous ont permis d’apprécier les résultats mesurables obtenus par le Burkina Faso en termes de création d’emplois et d’entreprises, de réduction du taux de chômage, ainsi que d’autres incidences macroéconomiques », a déclaré le ministre centrafricain. Ce n’est donc pas une simple coopération de voisinage, mais une véritable démarche d’benchmarking africain.
Le secteur artisanal burkinabè, qui représente environ 30% du Produit Intérieur Brut (PIB) et occupe plus de deux millions de personnes, a su se structurer autour d’institutions solides. La Chambre des Métiers de l’Artisanat du Burkina Faso (CMA-BF), créée en 2007, couvre 230 corps de métiers répartis en huit branches, allant de l’agroalimentaire à l’audiovisuel, en passant par le textile et les métiers d’art.
Cette expertise reconnue au-delà des frontières n’est pas le fruit du hasard. Elle découle d’une volonté politique affirmée, portée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui « prône une coopération interafricaine fondée sur une construction commune de notre continent ». Le gouvernement a mis en place des instruments concrets : un accord-cadre facilitant l’acquisition des produits artisanaux par la commande publique, la labellisation des produits locaux, l’instauration de journées dédiées au consommer local, et même le port obligatoire du Faso Danfani lors des cérémonies officielles.
Lors de l’audience accordée à son homologue centrafricain, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a réaffirmé la disponibilité du Burkina à accompagner ce pays frère dans l’élaboration de ses instruments stratégiques.
Cette démarche de la Centrafrique est plus qu’une simple coopération bilatérale ; elle est le signe que le Burkina Faso, malgré un contexte difficile, construit patiemment un modèle de développement endogène qui force l’admiration et l’émulation. En misant sur l’artisanat, deuxième pourvoyeur d’emplois après l’agriculture, le pays prouve que la création de richesses passe par la valorisation des savoir-faire locaux et la structuration des filières porteuses.
L’entrepreneuriat burkinabè n’est plus seulement une affaire nationale : il devient un phare pour l’Afrique, une source d’inspiration pour ceux qui cherchent des solutions africaines aux défis du continent. Et c’est là une victoire qui mérite d’être saluée.
Amen K.
