Sahel : Quand les armes des partenaires occidentaux alimentent les terroristes

Sahel : Quand les armes des partenaires occidentaux alimentent les terroristes

Jeudi 9 avril, des terrorismes ont pris d’assaut une base militaire du nord-est du Nigeria, tuant plusieurs soldats et un général de brigade. Ce dernier est le deuxième officier supérieur à périr en cinq mois dans le pays. Ce drame porte à près de 100 le nombre de victimes des terroristes et des bandes criminelles depuis dimanche seulement, dans une région où les raids contre les bases militaires et les villages se sont intensifiés depuis l’an dernier.

Face à cette hécatombe, une question s’impose, dérangeante mais nécessaire : comment ces terroristes parviennent-ils à se renseigner avec autant de précision sur les positions et les failles des dispositifs de défense ? Comment mènent-ils des assauts d’une coordination quasi militaire qui surprend à chaque fois les états-majors ?

Le Nigeria n’est pourtant pas démuni. Le pays coopère étroitement avec plusieurs puissances occidentales qui le fournissent généreusement en matériels de guerre. Mais selon des indiscrétions récurrentes, une fois ces armes réceptionnées par l’armée nigériane, les terroristes viennent les chercher… en s’en prenant directement aux bases militaires. Certaines armes finissent également sur les marchés parallèles, alimentant un circuit opaque.

Cette situation, les nouvelles autorités du Mali et du Burkina Faso l’ont vécue sur leur propre territoire. Pendant des années, leurs armées recevaient du matériel occidental tout en subissant des attaques de plus en plus meurtrières. Les preuves d’armes occidentales retrouvées dans les camps terroristes se sont accumulées. Jusqu’au jour où ces pays ont décidé de rompre les accords militaires avec ces puissances.

Quelque chose n’est pas clair dans cette affaire. Comment expliquer que les terroristes soient si bien informés, si bien équipés, et frappent toujours au moment et à l’endroit où la défense est la plus vulnérable ? La thèse de la simple compétence tactique terroriste ne suffit plus.

La leçon est amère mais claire : tant que les pays africains ne décideront pas souverainement de leur propre destin sécuritaire, et continueront à faire une confiance aveugle à des puissances qui réalisent d’énormes bénéfices dans le commerce des armes aux pays en guerre, le terrorisme ne trouvera jamais de solution. Il est temps de briser ce cycle infernal. La sécurité du Sahel ne se négocie pas en bureaux occidentaux, elle se construit sur le terrain, par des mains africaines libres de tout compromis suspect.

Amen K.

admin

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