Burkina Faso : La vidéo-verbalisation, une avancée technologique pour une mobilité plus sûre
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gestion du trafic urbain. Depuis quelques semaines, la phase pilote du système de vidéo-verbalisation a été officiellement lancée à Ouagadougou, marquant l’entrée du pays dans l’ère de la surveillance intelligente des infractions routières. Une innovation saluée par les acteurs de la sécurité et une partie des usagers, qui y voient un outil dissuasif efficace contre l’indiscipline au volant.
Intégré à la plateforme e-Contravention, déployée dès 2023 dans le cadre du projet Smart Burkina Faso, ce dispositif repose sur une infrastructure technologique de pointe. Des caméras haute définition, associées à des algorithmes d’intelligence artificielle, scrutent en temps réel le flux automobile. Leur mission : détecter automatiquement les infractions excès de vitesse, franchissement de feux rouges, circulation en sens interdit, non-port de la ceinture, ou encore usage du téléphone au volant.
Dès qu’un comportement anormal est enregistré, le système identifie la plaque d’immatriculation, retrouve instantanément le propriétaire du véhicule via les bases de données nationales, et génère une notification de contravention envoyée par SMS. Finis les échanges contestés entre agents verbalisateurs et conducteurs, place à une constatation infaillible, traçable et automatisée.
Pour les autorités burkinabè, l’enjeu est double. D’une part, améliorer la sécurité routière dans une capitale où les accidents et les incivilités explosent. D’autre part, renforcer la transparence des sanctions et optimiser les recettes liées aux contraventions, souvent entachées de fraudes ou de contournements.
Cette phase pilote, menée sur quelques axes stratégiques, permettra d’ajuster le système avant un déploiement à plus grande échelle. Les défis ne manquent pas : protection des données personnelles, fiabilité des algorithmes face aux conditions climatiques, et acceptabilité sociale d’une surveillance accrue. Pourtant, la démarche burkinabè s’inscrit pleinement dans la dynamique des villes intelligentes africaines.
Saluons cette initiative qui, sans remplacer l’humain, vient le soulager et responsabiliser chaque conducteur. La vidéo-verbalisation ne punit pas seulement : elle prévient, éduque, et construit, à sa manière, une culture routière plus respectueuse de la vie.
Amen K.
