Sénégal : Ousmane Sonko limogé, la fin d’une cohabitation tumultueuse au sommet de l’État

Sénégal : Ousmane Sonko limogé, la fin d’une cohabitation tumultueuse au sommet de l’État

La scène politique sénégalaise traverse une nouvelle zone de turbulence après l’annonce, vendredi soir à la télévision nationale, de la révocation d’Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre. Cette décision marque un tournant majeur dans les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et celui qui fut longtemps son allié politique le plus proche.

L’histoire commune des deux hommes est pourtant intimement liée à l’ascension du parti Pastef. Ousmane Sonko, figure centrale de cette formation politique, avait vu sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2024 invalidée dans un contexte de fortes tensions politiques sous l’ancien président Macky Sall. Face à cet obstacle, il avait choisi Bassirou Diomaye Faye comme candidat de remplacement.

Quelques jours avant le scrutin, les deux hommes avaient bénéficié de la loi d’amnistie adoptée par l’Assemblée nationale, leur permettant de sortir de prison et de reprendre la campagne électorale. Ensemble, ils avaient parcouru le pays sous le slogan « Diomaye mooy Sonko », symbole d’une alliance présentée comme indissociable.

L’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence avait alors été perçue comme une victoire collective du Pastef et de son leader historique. Ousmane Sonko avait ensuite été nommé Premier ministre, consolidant l’image d’un exécutif reposant sur une confiance mutuelle.

Cependant, au fil des mois, des divergences stratégiques et organisationnelles ont commencé à apparaître. Les premières tensions significatives sont apparues autour de la réorganisation de la coalition « Diomaye Président ». À l’automne 2025, le chef de l’État décide de restructurer cette plateforme politique et retire la coordination à Aïssatou Mbodj pour la confier à l’ancienne Première ministre Aminata Touré.

Cette initiative est mal accueillie par le Pastef, qui y voit une volonté de prise de distance avec l’appareil politique contrôlé par Ousmane Sonko. En réaction, le parti poursuit la mise en place d’une structure parallèle baptisée « APTE – Alliance patriotique pour le travail et l’éthique », accentuant les divisions internes.

Depuis plusieurs mois, les signes de désaccord entre les deux dirigeants s’étaient multipliés en coulisses, alimentant les spéculations sur une possible rupture. La révocation d’Ousmane Sonko apparaît désormais comme l’aboutissement d’un long processus de détérioration des relations au sommet de l’État. Cette crise politique ouvre une période d’incertitude pour le Sénégal, où les équilibres au sein du pouvoir pourraient être profondément redéfinis dans les semaines à venir.

Amen K.

admin

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