Nigéria / Lutte antiterroriste : AFRICOM salue le modèle nigérian, une coopération gagnante basée sur le renseignement

Nigéria / Lutte antiterroriste : AFRICOM salue le modèle nigérian, une coopération gagnante basée sur le renseignement

Six semaines après l’élimination d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté comme le numéro deux mondial de l’organisation État islamique (EI), le général Dagvin Anderson, commandant d’AFRICOM, a salué jeudi la coopération exemplaire entre Washington et Abuja. Une opération conjointe qui, selon lui, a porté un coup dévastateur au réseau international du groupe jihadiste.

S’exprimant à l’issue de la Conférence des chefs d’état-major africains (ACHOD) à Luanda, en Angola, le chef d’AFRICOM a tenu à clarifier la position américaine : les États-Unis privilégient désormais des « solutions menées par l’Afrique ». Fini le temps des interventions militaires directes ; place au partage de renseignements et au renforcement des capacités nationales. Le Nigéria incarne parfaitement cette nouvelle approche.

Le général Anderson n’a pas tari d’éloges sur son partenaire nigérian, qu’il qualifie de « vaste et puissant », doté d’une armée aguerrie au combat contre le terrorisme. La preuve par l’exemple : dans la nuit du 15 au 16 mai, dans le bassin du lac Tchad, les forces nigérianes, épaulées par le renseignement américain, ont neutralisé Abu-Bilal al-Minuki, un dirigeant clé d’ISWAP. Ce dernier était considéré comme l’un des principaux responsables des opérations internationales, du recrutement et de la propagande de l’EI.

Selon le chef d’AFRICOM, cette opération illustre à la perfection l’efficacité du partenariat. « Nous avons pu mettre à profit notre expertise et intégrer nos services pour renforcer leurs renseignements », a-t-il expliqué, soulignant que cette collaboration a permis de mobiliser les capacités américaines pour poursuivre l’un des plus hauts responsables de l’organisation terroriste.

Les résultats sont déjà palpables. Le général Anderson estime que cette offensive a « considérablement affaibli » la direction de l’EI, aussi bien au Nigéria qu’à l’international, en perturbant ses réseaux de communication et de coordination. Mieux encore, la stratégie de communication des autorités nigérianes, couplée à ce succès militaire, a favorisé de nouvelles défections et redditions parmi les combattants.

Aujourd’hui, les États-Unis ont réduit leur présence opérationnelle sur le terrain, laissant les forces nigérianes poursuivre de manière autonome les opérations contre les cellules restantes dans le nord-est du pays. Un modèle de coopération qui, selon Anderson, pourrait faire école.

Enfin, le général a mis en avant le développement de solutions technologiques africaines, citant l’entreprise nigériane Terra Industries et ses drones conçus pour les conditions du continent. Une façon de rappeler que l’avenir de la sécurité en Afrique se joue d’abord en Afrique. Le message est clair : la confiance, le renseignement et l’autonomie sont les nouvelles clés de la lutte antiterroriste.

Amen K.

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