CAN 2025 : Motsepe dévoile la feuille de route pour une nouvelle ère du football africain
À la veille de la finale tant attendue de la CAN 2025, le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Patrice Motsepe, a dressé un état des lieux ambitieux et parfois sans concession de l’avenir du football continental. Lors d’une conférence de presse tenue à Rabat, le dirigeant sud-africain a annoncé des réformes structurelles majeures, défendu des choix économiques audacieux et réaffirmé la souveraineté décisionnelle de l’institution qu’il préside.
La refonte du calendrier des compétitions constitue le changement le plus significatif. La CAF acte la tenue de la Coupe d’Afrique des Nations tous les quatre ans, alignant ainsi son cycle sur celui de la Coupe du Monde de la FIFA, conformément à un ancien accord entre les instances. En parallèle, le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), réservé aux joueurs évoluant dans les championnats locaux, est purement et simplement supprimé. Patrice Motsepe a été catégorique, le qualifiant de « gouffre financier » et confirmant son arrêt définitif. Pour combler ce vide et générer de nouveaux flux financiers, une Ligue des Nations africaine sera lancée à partir de 2029, présentée comme un moteur économique supérieur à la CAN elle-même.
Ces décisions s’appuient sur un bilan financier en nette amélioration, mais qui révèle aussi des coûts élevés. Motsepe a annoncé une augmentation spectaculaire des revenus télévisuels, passant de 5,5 à 27,5 milliards de FCFA, et une expansion du portefeuille de sponsors de 5 à 23. Cependant, il a également reconnu que l’organisation de la CAN restait « très coûteuse », promettant plus de transparence sur ces dépenses. La nouvelle Ligue des Nations est justifiée par la nécessité de créer une compétition plus rentable, capable d’injecter des fonds substantiels dans le développement du football continental, même si cette logique est « impopulaire » à court terme.
Face aux critiques, le président de la CAF a fermement rejeté toute idée de soumission aux directives de la FIFA, appelant à « se libérer » de ce complexe. Il a également invité à dépasser les clivages, tant au sein du continent où certaines fédérations regrettent le passage de la CAN au cycle de quatre ans qu’à l’échelle mondiale, plaidant pour des « relations mutuellement avantageuses » avec toutes les autres confédérations.
Ces annonces dessinent une stratégie volontariste visant à professionnaliser, stabiliser financièrement et intégrer le football africain dans l’écosystème mondial, au prix de réformes profondes et parfois controversées de son patrimoine compétitif.
Amen K.
