Rwanda : Entre commémoration et alarmes face à la persistance de l’idéologie génocidaire
Le Rwanda a commémoré, samedi 4 juillet 2026, le 32e anniversaire du « jour de la libération » marquant la fin du génocide de 1994 et le début d’une ère de réconciliation. À cette occasion, le président Paul Kagame a exprimé son inquiétude quant à la « persistance » de l’idéologie génocidaire dans la région des Grands Lacs, alors que des combats violents opposent l’armée congolaise, soutenue par des troupes burundaises, à la milice majoritairement tutsi M23 appuyée par l’armée rwandaise.
Ancien commandant des forces du Front patriotique rwandais (FPR) qui ont mené la lutte pour la libération du pays à partir de 1990, Kagame a averti qu’il ne prendrait pas la menace à la légère. Il accuse notamment certains groupes rebelles basés dans l’est de la République démocratique du Congo, comme les FDLR, de porter encore aujourd’hui des idées à l’origine du génocide. « Pendant des décennies, le Rwanda a été façonné par un système d’exclusion, de peur et de division », a-t-il déclaré, rappelant que la libération visait à rendre aux Rwandais leur droit à la dignité. « Les idées à l’origine du génocide n’ont pas complètement disparu », a-t-il ajouté, justifiant la vigilance et la fermeté de Kigali : « la sécurité est une question de survie. Sans elle, rien ne tient. »
Ces propos interviennent dans un contexte géopolitique tendu. Kigali accuse régulièrement Kinshasa de complicité avec des éléments génocidaires visant à déstabiliser le régime rwandais, allégations systématiquement rejetées par l’administration du président Félix Tshisekedi, qui demande le retrait inconditionnel des forces rwandaises du territoire congolais. Malgré l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité exigeant ce retrait, les opérations rwandaises dans l’est de la RDC se poursuivent, contribuant à une grave crise humanitaire et au déplacement de populations.
Le souvenir du génocide reste vivace : déclenché après l’assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi le 6 avril 1994, il fit jusqu’à un million de victimes et des milliers de viols. Les violences se sont poursuivies jusqu’au 4 juillet 1994, date à laquelle le FPR a pris le contrôle militaire du pays. Plus de trois décennies plus tard, la région des Grands Lacs demeure marquée par l’instabilité, la défiance entre États et le risque permanent d’une résurgence de violences motivées par des idéologies mortifères.
Amen K.
