Burkina Faso : Quand les prisonniers deviennent acteurs du développement, une initiative salutaire à la MACB de Bobo-Dioulasso.

Burkina Faso : Quand les prisonniers deviennent acteurs du développement, une initiative salutaire à la MACB de Bobo-Dioulasso.

Dans l’enceinte de la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB), un vent d’espoir souffle désormais sur les détenus. Grâce aux Initiatives présidentielles pour le développement communautaire (IPDC) et pour la Production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A), des prisonniers sont formés aux techniques de production de pagnes traditionnels Faso Dan Fani et Koko Dunda, ainsi qu’aux techniques d’élevage de poulets hybrides et de petits ruminants. Une avancée majeure qui mérite d’être saluée.

Longtemps perçue comme un lieu de simple privation de liberté, la prison devient progressivement un espace de réinsertion et de formation professionnelle. L’objectif est clair : permettre aux détenus d’acquérir des compétences utiles, valorisables sur le marché du travail à leur sortie, tout en contribuant, pendant leur incarcération, à des activités d’intérêt général.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plusieurs dizaines de détenus suivent déjà ces formations pratiques. Dans l’atelier de tissage, ils apprennent à confectionner des pagnes Faso Dan Fani, ce symbole de l’identité et de la fierté burkinabè, ainsi que le Koko Dunda, un tissu traditionnel très prisé. Chaque pièce produite participe à la promotion de l’artisanat local et génère des revenus qui servent à améliorer les conditions de vie au sein de la maison d’arrêt.

Parallèlement, dans les enclos aménagés, d’autres détenus s’initient à l’élevage de poulets hybrides et de petits ruminants (chèvres, moutons). Ils apprennent les bonnes pratiques d’alimentation, de suivi sanitaire et de gestion d’un cheptel. Ces compétences, une fois acquises, leur permettront de créer leur propre activité après leur libération, réduisant ainsi les risques de récidive

Ce qui fait la force de ces initiatives, c’est qu’elles allient utile et porteur. D’un côté, les détenus travaillent dans l’intérêt général en produisant des biens consommables et commercialisables. De l’autre, ils se préparent à une réinsertion réussie, gage de dignité retrouvée et de contribution positive à la société.

Les autorités burkinabè, à travers l’IPDC et l’IP-P3A, montrent ainsi une vision humaine et pragmatique de la justice : celle qui ne se contente pas de punir, mais qui prépare l’avenir. Il faut saluer ces efforts qui transforment des vies et offrent une seconde chance à ceux qui souvent n’en demandaient qu’une. Une belle leçon de solidarité nationale.

Amen K.

admin

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