Burkina Faso : Quand la prudence s’impose dans les prises de parole publiques pour ne pas tomber sous coup de la loi.
Les réseaux sociaux s’embrasent une fois de plus. Cette fois, c’est un communiqué du Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga II qui met en garde : des écrits et propos attribués à l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB) seraient constitutifs d’infractions pénales, notamment l’apologie du terrorisme et l’entreprise de démoralisation des Forces de défense et de sécurité. Autant dire des accusations graves, passibles de lourdes sanctions.
À tous ceux qui, par conviction, par colère ou par simple insouciance, seraient tentés de relayer, d’approuver ou de produire ce genre de discours, nous disons : faites preuve de retenue. La loi est claire, et le parquet a déjà ouvert la voie à des poursuites. Nul ne pourra plus invoquer la bonne foi ou l’ignorance.
Le Burkina Faso vit une guerre contre le terrorisme. Nos soldats tombent sur le terrain, nos villages sont attaqués, nos populations vivent dans l’angoisse. Dans ce contexte, tenir des propos qui démoralisent l’armée ou qui font l’apologie des ennemis de la nation, ce n’est pas exercer une liberté d’expression, c’est franchir une ligne rouge. La République, même en démocratie, même laïque, ne saurait tolérer que l’on affaiblisse ceux qui la défendent, les armes à la main.
Aux étudiants, souvent jeunes et passionnés, nous adressons un appel fraternel mais ferme : la critique des autorités est un droit sacré. Contester une politique, dénoncer un dysfonctionnement, réclamer des comptes, c’est légitime. Mais l’apologie du terrorisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Démoraliser les FDS alors qu’elles combattent pour que vous puissiez dormir, ce n’est pas de la rébellion citoyenne, c’est de la trahison morale, et bientôt judiciaire.
Aux responsables associatifs et syndicaux, nous disons : contrôlez vos canaux de communication. Un simple post, un communiqué mal rédigé, une phrase ambiguë peut envoyer son auteur derrière les barreaux. La loi ne fait pas de différence entre l’intention réelle et l’interprétation qui en est faite.
Le procureur a parlé. Désormais, chacun sait. À ceux qui voudraient tester les limites, un conseil : ne jouez pas avec le feu. La justice veille, et elle frappera. La meilleure façon de servir le Burkina, en ces temps troublés, c’est encore de mesurer ses mots. Retenue et responsabilité : voilà les deux mamelles de la liberté préservée.
Amen K.
