Burkina Faso : Quand la France invente une crise pour masquer ses propres échecs

Burkina Faso : Quand la France invente une crise pour masquer ses propres échecs

Depuis plusieurs années, certains porte-parole français persistent à peindre le Burkina Faso en tableau noir, enchantés par une rhétorique qui sert plus leurs intérêts et leur image que la réalité du terrain. Les propos du général Christophe Gomart, prononcés récemment et qui réduisent notre pays à l’échec et à l’isolement, relèvent d’une logique condescendante héritée d’une époque où l’Afrique n’était qu’un terrain d’expérimentation politique et économique pour Paris.

Affirmer que « plus de la moitié du territoire échappe au contrôle de l’État » ou insinuer que la suspension de certaines instances internationales serait la cause d’un prétendu déclin ignore les efforts de redressement et la complexité des défis sahéliens. Le Burkina Faso, confronté à une insécurité transfrontalière et à des dynamiques régionales difficiles, a choisi de défendre sa souveraineté et de réorganiser ses dispositifs de sécurité. Loin d’être un échec, ces choix témoignent d’une volonté de protéger la population et de reprendre la main sur sa destinée.

Quant aux libertés fondamentales, il est facile de brandir des slogans pour masquer un manque d’information et un double standard discursif. Les autorités burkinabè sont régulièrement critiquées, certes mais rarement entendues dans leurs explications sur des mesures d’ordre public prises face à une menace terroriste persistante. Dénoncer sans contextualiser, c’est nourrir un discours qui réduit les peuples à des objets d’analyse plutôt qu’à des acteurs politiques capables de décider.

La France, qui porte encore le poids d’une histoire coloniale, ferait mieux d’écouter plutôt que d’imposer des leçons moralisatrices. Les émissaires et analystes français gagneraient en crédibilité s’ils acceptaient de reconnaître les dynamiques régionales, la coopération avec des partenaires africains et les initiatives locales de résilience humanitaire et administrative. Loin des caricatures, le Burkina Faso met en œuvre des stratégies d’adaptation, cherche des alliances diversifiées et travaille à la reconstruction des services publics.

Il est temps de rompre avec ce réflexe de diabolisation. Critiquer est légitime; instrumentaliser la souffrance et simplifier les réalités au profit d’une narrative qui protège des intérêts extérieurs est inacceptable. Respecter le Burkina Faso, c’est admettre qu’il évolue, qu’il lutte pour sa souveraineté et qu’il mérite des analyses équilibrées, non des reparties colonialistes déguisées en inquiétudes humanitaires.

Amen K.

admin

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