Sénégal / Sécurité ferroviaire : L’État teste des passages à niveau connectés et solaires à Thiès.

Sénégal / Sécurité ferroviaire : L’État teste des passages à niveau connectés et solaires à Thiès.

Face aux défis persistants de sécurité sur les infrastructures ferroviaires africaines, le Sénégal franchit une nouvelle étape technologique. La société nationale des Chemins de fer du Sénégal (CFS) a lancé à Thiès un projet pilote innovant visant à sécuriser sept passages à niveau sur l’axe stratégique Dakar-Thiès. Présenté le 14 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation aux passages à niveau, ce dispositif repose sur une combinaison de barrières automatiques, de capteurs intelligents et d’un système de communication sans fil, alimenté par l’énergie solaire.

L’originalité du projet tient à son architecture entièrement autonome, affranchie de tout câblage physique. Cette conception, qui utilise les réseaux cellulaires et satellitaires, est particulièrement adaptée aux zones où les infrastructures de télécommunication sont encore limitées. Selon Papa Babacar Youm, directeur des projets à la CFS, chaque conducteur de train sera informé en temps réel de l’état des passages à niveau avant de les aborder. L’ensemble des équipements installés communiquera directement avec les locomotives et le centre de contrôle de Thiès, permettant un flux continu d’informations sur la circulation des trains et l’état des infrastructures.

Les données collectées sont centralisées et intégrées aux systèmes de supervision de la CFS, facilitant ainsi le suivi à distance des équipements et une gestion opérationnelle plus efficace du trafic. Ce projet pilote s’inscrit dans une dynamique mondiale de modernisation ferroviaire, où capteurs connectés et plateformes de gestion de données deviennent des standards pour améliorer la sécurité et la maintenance.

Au Sénégal, où les autorités souhaitent redynamiser le rôle du rail dans le transport de passagers et de marchandises, cette expérimentation pourrait accélérer la modernisation d’un réseau longtemps freiné par un sous-investissement chronique. Au-delà de l’enjeu sécuritaire immédiat, les CFS testent un modèle reproductible sur d’autres lignes du pays. La capacité à superviser à distance des équipements critiques, même dans des zones dépourvues de réseaux filaires, ouvre la voie à une gestion plus intelligente des infrastructures de transport et à une réduction potentielle des coûts d’exploitation.

En misant sur la connectivité mobile, l’énergie solaire et la centralisation des données, le Sénégal se dote d’un outil prometteur pour fiabiliser son réseau ferroviaire. Si les résultats du pilote sont concluants, cette solution pourrait devenir un référence pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis d’infrastructure et de sécurité.

Amen K.

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *