AES – CEDEAO : Après la tempête, le temps du rassemblement !

AES – CEDEAO : Après la tempête, le temps du rassemblement !

Il y a des brouilles qui semblent insurmontables, des fractures qui paraissent définitives. Et puis vient le moment où la raison reprend ses droits, où les peuples rappellent à leurs dirigeants que les liens du sang et de la terre sont plus forts que les querelles des institutions. Ce moment, l’Afrique de l’Ouest le vit aujourd’hui. Entre l’Alliance des États du Sahel et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le dégel est en marche et c’est une nouvelle que tout le continent doit accueillir avec soulagement et espoir.

Les tempêtes ont été violentes, il faut le reconnaître. Sanctions économiques, retraits fracassants, mots durs échangés dans les enceintes diplomatiques, frontières fermées et flux commerciaux perturbés : la rupture entre les pays de l’AES et la CEDEAO a infligé des souffrances réelles aux populations des deux blocs. Ce sont les marchands qui ont vu leurs marchandises bloquées, les familles séparées par des frontières soudainement hermétiques, les agriculteurs privés de leurs débouchés traditionnels, les travailleurs coupés de leurs réseaux. La politique avait ses logiques, mais ce sont les peuples qui en ont payé le prix.

C’est précisément pourquoi la reprise du dialogue mérite d’être saluée sans ambiguïté. Les experts de l’AES réunis à Ouagadougou travaillent aujourd’hui à l’élaboration d’un document-cadre stratégique destiné à encadrer les futures négociations avec la CEDEAO. Cette démarche méthodique et souveraine est le signe d’une maturité diplomatique nouvelle. On ne revient pas à la table des discussions par faiblesse, on y revient parce que l’on a compris que la force d’un bloc se mesure aussi à sa capacité à dialoguer sans se soumettre.

Car le retour à la normale ne signifie pas le retour au statu quo d’avant. Les pays de l’AES ont affirmé leur souveraineté, posé leurs conditions, défini leurs lignes rouges. Ils arrivent dans cette nouvelle séquence avec une vision claire de ce qu’ils acceptent et de ce qu’ils refusent. C’est cela, la vraie normalisation : non pas l’effacement des divergences, mais la construction d’un cadre où ces divergences peuvent être gérées sans rupture ni violence institutionnelle.

L’Afrique de l’Ouest est une et indivisible dans son destin. Le Sahel et la côte partagent les mêmes menaces, les mêmes ambitions de développement, les mêmes rêves pour leurs jeunes générations. Aucun bloc ne peut prospérer durablement en tournant le dos à l’autre.

Après la tempête, vient toujours l’accalmie. Et après l’accalmie, pour peu que la sagesse l’emporte, vient la reconstruction. L’Afrique de l’Ouest a choisi la reconstruction. C’est le meilleur choix qu’elle pouvait faire.

Amen K.

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *