Togo : Dette intérieure, le gouvernement rassure le secteur privé après des années de tensions
L’apurement de la dette intérieure était au cœur des échanges entre le secteur privé togolais et le gouvernement, lundi 6 juillet 2026 à Lomé, lors de la réunion du Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP). Une rencontre cruciale alors que les opérateurs économiques réclament depuis des mois le règlement des arriérés qui étranglent leurs trésoreries.
Prenant la parole au nom du patronat, le président du Conseil national du patronat (CNP), Laurent Coami Tamégnon, a salué les progrès du dialogue public-privé tout en identifiant quatre dossiers prioritaires. Au premier rang : l’apurement de la dette intérieure, mais aussi la mise en place des commissions de recours, le règlement définitif de la TETIC (Taxe sur les entreprises de télécommunications, de l’internet et de la communication électronique) et la hausse des loyers des terrains dans la zone portuaire. Les représentants des entreprises ont de nouveau appelé le gouvernement à accélérer les paiements, estimant que cette dette continue de peser lourdement sur leurs investissements et leur croissance.
Les chiffres donnent la mesure du problème. À fin décembre 2025, le stock de la dette intérieure s’établissait à 2244,31 milliards FCFA, soit 32,08 % du PIB. Une baisse de 7,74 % par rapport à 2024, où elle atteignait 2432,56 milliards FCFA. Cette diminution s’explique par une moindre mobilisation sur le marché régional, le gouvernement ayant privilégié le recours à la dette extérieure. Sur cinq ans, la progression reste toutefois spectaculaire, passant de 1848,5 milliards FCFA en 2021 à plus de 2244 milliards en 2025, avec des intérêts et commissions versés avoisinant les 130 milliards FCFA.
Face aux inquiétudes du patronat, le ministre des Finances, Essowè Georges Barcola, a tenu à rassurer. « Elle constitue un frein pour le développement de vos entreprises. Nous avons commencé un travail d’apurement et je vous rassure que ces efforts seront poursuivis afin que cette question soit réglée d’ici la fin de l’année », a-t-il déclaré. Le ministre a également annoncé l’installation prochaine des commissions de recours destinées au règlement des litiges administratifs et fiscaux, tout en estimant que le dossier de la TETIC était désormais clos.
Au-delà de ces dossiers, les participants ont examiné la conjoncture économique nationale et les enjeux de la transition climatique. Les autorités ont mis en avant la résilience de l’économie togolaise et appelé les entreprises à mieux intégrer les critères environnementaux pour accéder aux financements verts et renforcer leur compétitivité. Un message d’espoir pour un secteur privé qui attend désormais des actes concrets.
Amen K.
