Burkina Faso : SNC 2026 avec la perspicacité des masques, quand l’art contemporain burkinabè dialogue avec les traditions
Dans le feu des célébrations de la 22e Semaine nationale de la culture, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a pris le temps de s’arrêter à l’auberge La Villa-Rose. Au cœur de cet écrin de verdure, une exposition hors du commun retient l’attention : « La perspicacité des masques du Burkina Faso », signée par les frères Assane et Ousséni Ouattara, plasticiens, sculpteurs et spécialistes reconnus des masques africains et de la polychromie.
Le chef du gouvernement a parcouru avec intérêt ce double parcours artistique. La première partie de l’exposition est un hommage au patrimoine national : des fac-similés de masques et de statues traditionnels du Burkina y sont présentés, dans une démarche de valorisation des racines culturelles. La seconde partie, plus audacieuse, propose des créations personnelles, des masques inédits qui n’appartiennent à aucun panthéon traditionnel burkinabè.
C’est précisément cette rencontre entre l’héritage et l’innovation qui a séduit le Premier ministre. Par leur travail, les frères Ouattara démontrent que l’art burkinabè n’est pas prisonnier de son passé. Il peut puiser dans ses sources millénaires tout en s’ouvrant résolument à la création contemporaine. Une manière de dire que la tradition n’est pas un musée, mais un terreau fertile pour l’invention
La diversité des matériaux utilisés frappe également. Le bois, bien sûr, occupe une place centrale, mais il dialogue avec le fer, le plastique, la peinture, la tapisserie et même des matériaux de récupération. Pour les deux artistes, créer consiste à donner chair à des idées immatérielles, à transformer des visions en volumes porteurs de sens.
Le cadre boisé de la cour de La Villa-Rose n’est pas anodin. Il renforce le mystère et la profondeur de cet univers artistique, invitant le visiteur à une véritable immersion. Le Premier ministre a d’ailleurs tenu à saluer les propriétaires des lieux, le couple Moctar Salamatao et Franca Berkvens, qui, en accueillant cette exposition, contribuent activement à la valorisation des talents burkinabè.
Dans le livre d’or, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a laissé une empreinte forte : « L’art demeure un puissant vecteur de transmission des valeurs, de préservation de notre identité et de mobilisation des consciences pour la construction d’un Burkina Faso souverain, digne et prospère. Puisse cette exposition inspirer davantage notre jeunesse et renforcer notre engagement collectif en faveur du rayonnement culturel de notre Nation. »
Pour Assane et Ousséni Ouattara, cette exposition s’inscrit pleinement dans l’esprit de la SNC. Ils se revendiquent comme des acteurs engagés, au service d’un art contemporain burkinabè résolument tourné vers son temps, mais jamais déconnecté de sa source vive.
Amen K.
