Nigéria : Craintes xénophobes en Afrique du Sud, plus d’une centaine de ressortissants demandent leur rapatriement
La menace d’une montée des violences anti-étrangers en Afrique du Sud pousse déjà de nombreux Nigérians à vouloir rentrer chez eux. Lundi, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a révélé que plus de cent ressortissants s’étaient officiellement inscrits en vue d’un rapatriement. Et selon elle, ce chiffre devrait rapidement gonfler à mesure que l’inquiétude gagne du terrain.
Face à cette dégradation sécuritaire, le président Bola Tinubu suit la situation de très près. La cheffe de la diplomatie a indiqué que le chef de l’État est préoccupé par la multiplication des manifestations hostiles aux immigrés et par les violences qui ciblent directement des étrangers, parmi lesquels figurent de nombreux Nigérians.
La ministre a été particulièrement incisive contre ce qu’elle a qualifié de « rhétorique xénophobe ». Elle dénonce des discours de haine et des actes d’intimidation orchestrés par des groupes qui organisent des rassemblements devant des hôpitaux, des écoles et des zones commerçantes, créant un climat de psychose généralisée.
Sur le plan diplomatique, le Nigeria ne compte pas en rester là. Le haut-commissaire par intérim de l’Afrique du Sud a été convoqué, et une réunion est prévue à Abuja pour lui signifier officiellement la « profonde préoccupation » des autorités nigérianes.
Ces tensions interviennent dans un contexte déjà explosif. Ces dernières semaines, l’Afrique du Sud a connu une recrudescence des violences xénophobes : des commerces appartenant à des étrangers ont été menacés, et des ressortissants, notamment Éthiopiens, ont été pris pour cible. Des groupes hostiles à l’immigration ont même exigé que les boutiques tenues par des étrangers baissent leur rideau pendant les manifestations, histoire d’éviter des débordements encore plus sanglants.
De son côté, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a fermement condamné ces attaques. Tout en rappelant que les lois doivent être respectées par tous, il a appelé les étrangers vivant sur le sol sud-africain à se conformer à la législation en vigueur. Une mise en garde qui, pour l’heure, ne semble pas suffire à rassurer les milliers de Nigérians encore présents dans le pays.
Amen K.
