Burkina Faso : Mise en conformité des OSC, l’État suspend 205 associations supplémentaires
Dans un contexte de durcissement administratif, les autorités burkinabè poursuivent leur vaste opération de mise en conformité des organisations de la société civile. Une nouvelle série de suspensions, concernant 205 associations, est venue alourdir un bilan déjà conséquent en quelques semaines.
Selon l’arrêté du ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, ces 205 associations sont suspendues à compter de ce mardi « en raison du non-renouvellement de leurs instances conformément à leurs statuts et règlement intérieur et à la loi en vigueur ». Durant la période de suspension, précise le texte, « seules les actions tendant à régulariser la situation de chaque association sont autorisées ». La levée de la mesure est conditionnée à l’obtention d’une attestation de renouvellement.
Cette nouvelle vague s’inscrit dans une série de mesures engagées dès la mi-avril. Le 21 avril, le même ministre avait déjà suspendu 359 associations pour le même motif. Quelques jours plus tôt, le 15 avril, un arrêté avait prononcé la dissolution de 118 organisations, lesquelles sont désormais interdites d’activités « sur toute l’étendue du territoire national », sous peine de sanctions.
Ainsi, en moins de trois semaines, ce sont plus de 680 associations qui ont fait l’objet de mesures administratives – suspensions ou dissolutions – au Burkina Faso. Les autorités justifient cette campagne par la nécessité de garantir la transparence et la conformité légale des organisations de la société civile, dans un contexte sécuritaire et politique où le contrôle des activités associatives est perçu comme un enjeu de souveraineté.
Les associations suspendues ou dissoutes disposent de délais variables pour se mettre en règle, sous peine de voir leurs interdictions transformées en fermetures définitives. Cette opération de grande envergure suscite des réactions contrastées : si certains saluent une nécessaire clarification du paysage associatif, d’autres dénoncent une restriction de l’espace civique.
Le gouvernement, de son côté, réaffirme son attachement au dialogue avec les organisations respectueuses de la loi, tout en prévenant qu’aucun écart ne sera toléré à l’avenir.
