Burkina Faso : Nouveau code du travail, le ministre Mathias Traoré plaide pour un équilibre entre droits des travailleurs et compétitivité

Burkina Faso : Nouveau code du travail, le ministre Mathias Traoré plaide pour un équilibre entre droits des travailleurs et compétitivité

Le ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré, a présenté ce mercredi 6 mai 2026 devant les députés de l’Assemblée législative du peuple le projet de loi portant nouveau code du travail, appelé à remplacer celui de 2008. L’audience s’est déroulée sur la base du rapport de la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), qui a dressé un état des lieux de l’ancien texte et justifié la nécessité d’une réforme en profondeur.

Le code du travail de 2008, adopté le 13 mai de cette année-là, visait à améliorer le climat des affaires, prendre en compte les évolutions du monde du travail, attirer les investisseurs et booster la croissance économique. Pourtant, dès son entrée en vigueur, les critiques n’ont cessé de se faire entendre. La CAGIDH a rappelé les principaux griefs : le renouvellement illimité des contrats à durée déterminée, l’encadrement insuffisant du travail temporaire, la protection limitée des représentants du personnel, le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif, ainsi que la restriction du droit de grève.

Face à ces lacunes, le ministre Mathias Traoré a présenté un projet de loi ambitieux. Selon le rapport de la commission, cette relecture vise d’abord à assurer un équilibre entre les intérêts économiques, sociaux et politiques des travailleurs, des employeurs et de l’État. Elle entend également renforcer la négociation collective, un levier essentiel pour apaiser le dialogue social.

De façon plus précise, le nouveau code du travail devrait permettre de disposer d’un instrument juridique favorable à l’instauration d’un climat social serein, gage d’une amélioration de la productivité. Il s’agit aussi de se doter d’un texte en phase avec les mutations sociales et économiques récentes, qu’il s’agisse de la digitalisation du travail, des nouvelles formes d’emploi ou des exigences de protection renforcée des travailleurs.

Le ministre a insisté sur un objectif clair : favoriser la création d’emplois, valoriser le capital humain et renforcer la compétitivité des entreprises, tout en promouvant le travail décent. La garantie d’une meilleure protection des travailleurs constitue l’une des pierres angulaires du projet. Les députés poursuivent désormais l’examen du texte, dont l’adoption pourrait marquer un tournant majeur dans les relations professionnelles au Burkina Faso.

Amen K.

admin

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